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NUITS TORRIDES À TURINI

 
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nico.gusti
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MessagePosté le: Mar 15 Sep - 17:09 (2015)    Sujet du message: NUITS TORRIDES À TURINI Répondre en citant

Voila comment ca ce passai en bas de chez moi a la belle époque !!


EARLY 90’S IN NICE – NUITS TORRIDES À TURINI

Les petites ruelles qui marquent le début de la corniche à Nice étaient vraiment, dans les 70’s et 80’s un épicentre pour les fadas de voiture. 
 
Alfa Romeo y était, Renault faisait essayer les 5 Turbo à ses clients, une multitude de petits garages remplissaient les cours et arrières-cours: je me souviens d’un certain “Majorel” un vieux sans âge qui officiait dans une ruelle, à l’enseigne “metteur au point”: vieille gloire de la course de côte, il avait été préparateur de NSU TTS à la grande époque…et restait très réputé: il passait pour le sorcier capable de régler l’inréglable : mon père lui avait amené sa Ritmo Abarth, et le vieux l’avait fait rugir! J’avais 11-12 ans mais je n’oublierais pas le bruit ! 
 
 
Tout un tissu dédié à l’auto, dont un atelier discret appelé “Cavallino” qui restaurait et faisait rouler des Ferrari, Maserati, mais aussi des vieilles formule 1 dans une cour de l’avenue des Diables Bleus, l’avenue qui mène à la Corniche…. 
 
 
Là aussi je me souviens de châssis roulants à moteur v12, non encore nantis de leur coque mais déjà essayés sur la Corniche! Pétrifiant spectacle pour un gosse! 
 
 
La montée depuis le feu rouge des Diables Bleus était un vrai juge de paix pour les moteurs “préparés”: on s’y tirait la bourre sans se soucier de sécurité: la Corniche n’était pas encore urbanisée par les villas de bobos anglais comme aujourd’hui (et l’auto phobie n’existait pas). 
 
 
Deux questions fatidiques et invariables: 
 
 – “Combien tu as mis pour monter aux 4 chemins ? ” Les 4 chemins marquaient la frontière Nice / Villefranche et constituaient l’arrivée virtuelle et le point de retour. 
 
 – “Combien prends-tu sur la fausse plaine ? ” La fausse plaine un faux plat sous l’observatoire de Nice dans lequel il était de bon ton de prendre plus de 160… 
 
 
Je me souviens de l’arrivée des premiers GT Turbo. Mon père caustique faisait la remarque au jeune Bobby, encore apprenti et qui serait plus tard notre mécano officiel, que le GT Turbo n’était qu’une cocotte minute, pas une auto. Bobby, qui avait cassé la tirelire pour s’acheter un GT phase 1 bleu, n’appréciait pas que les anciens se moquent de son moteur. Je revois mon vieux lui dire, pince sans rire : « avec tous ces tuyaux on voit pas le moteur, il y en a un au moins ? » L’instant d’après c’était Ritmo Abarth 125 TC “ex usine” contre GT Turbo phase 1, sur la Grande Corniche, à la loyale. Victoire :  le vieux et sa Ritmo : un fou furieux aux commandes d’un avion de chasse… Ainsi se posaient les hiérarchies! 
 
 
Et pour finir avec la Grande Corniche, deux anecdotes amusantes : 
 
Les vrais hommes, dans la 1ere grande courbe à droite, prenaient l’appui deux roues intérieures sur le trottoir (que plus aucun piéton n’empruntait!) à tel point que la ville a fini par y mettre des barrières, dont la 1ere est encore aujourd’hui « enfoncée »: un distrait sans doute! On se disait la recette: « Si tu arrives assez vite, avec un vrai appui, tu sens même pas le trottoir ! Si tu n’arrives pas assez vite et avec un appui de lopette, tu arraches un demi train ! » Intimidant ! 
 
 
Et le feu rouge, en bas…ah le feu rouge où, Lockheed surchauffé et plaquettes cramées, on pompait sur la pédale de frein dans l’espoir de ne pas traverser le carrefour de part en part (c’est arrivé ! ah le charme des alfa 33 1.7QV…). 
 
 


 
 
 
Trêve de bavardages : c’était un vendredi matin comme les autres. 
 
Comme les autres cela veut dire que, tombé du lit vers 9h, il me faudrait arbitrer entre l’amphi de micro économie et la traditionnelle visite au garage de Bobby. Le vendredi matin, ce n’y était pas un jour comme les autres: tous les loulous du quartier amenaient leur auto pour une mise au point en vue des inévitables drag-racings improvisés du weekend. En d’autre termes c’était le rendez vous huppé en before de la jet set des négociants en virage de l’est de Nice et de ses hauteurs. Impossible de rater cela maintenant que j’avais un moteur qui me plaçait assez haut dans l’échelle sociale de cette prestigieuse caste: pour le cours de micro économie, j’irais éventuellement faire la sortie, histoire de faire acte de présence (auprès des filles surtout). 
 
 
Bref, il 9h30, je suis au garage. Le défilé commence. Il y a là un blaireau qui vient d’acheter une 309 GTI et veut plus de peps : Bobby décale le doigt du débitmètre sur l’engrenage plastique, remet le couvercle, le client part essayer l’auto dans les lacets du boulevard du mont Boron, et revient extatique. Beau bruit le 1.9 me dis je. 
 
 
Sur le pont il y a celle qui nous fait tous rêver: un 75 turbo champagne métallisé appartenant à un vieux monégasque : kit evoluzione, jantes SZ, baquets…et suprême gadget, un robinet de pression du turbo intégré dans le petit vide poche à gauche de la planche de bord…Interrogé sur la question Bobby s’enflamme (rare chez lui) : “C’est un avion ! Surtout si tu mets la pression…pscchhtttt !!!!” Et il se met à imiter le bruit de la chose avec force gestes, puis il nuance : “Enfin faut s’habituer à faire le joint de culasse tous les 10.000km.” Aujourd’hui elle ne veut pas démarrer cette 75 dorée. Normal, les deux AAC sont calés en symétrique : à force de discuter avec les clients le dingo d’apprenti s’est gouré. On s’esclaffe, ça gueule. 
 
 
Puis arrive le célèbre “Momo”: gangster notoire au palmarès long comme un jour sans pain, très sympathique, il possède une Lancia Delta avec laquelle il circule toute la journée dans Nice : impossible de ne pas le croiser. Au fil des métamorphoses la Delta HF 4wd est devenue Integrale, puis Integrale 16, puis Evoluzione, avec le kit carrosserie monté par ses soins … Après plusieurs jours de travail… Dans la rue, au bord du chemin, à l’ancienne donc. L’auto fourmille de détails : cuir noir du sol au plafond, jantes énormes et polies, moteur poli(!) compartiment moteur bleu métallisé (!) et sono infernale. Aujourd’hui il exige plus de pression au turbo, comme chaque semaine… Marrant car il ne dépasse jamais 50 à l’heure. 
 
 
Au fond du garage un GTV rouge intérieur cuir greffé avec un v6 3 litres de 75 attend ses derniers réglages. Pas de pot voilà que revient la fameuse 325i Biturbo Hamann Motorsport: un éléphant blanc bien connu dans le quartier. 325is blanche, dont le proprio avait fait greffer en Allemagne un moteur de soit disant 300 cv. Je me rappelle de la sentence de Bobby à l’issue d’une montée “Grande Corniche” : “300cv, mais doit y en avoir quelques uns qui sont cachés dans la boite à gants“. Le moteur n’a duré que quelques semaines puis l’auto, faute d’argent est restée 2 ans au fond du garage. Le moteur vient d’être enfin refait, mais il ratatouille de nouveau, la sanction tombe: joint de culasse, un classique sur les BMW. 
 
 
Il est 10h30 : un moment de calme, sur l’établi je contemple un 1496 de samba rallye groupe B presque fini quand Bobby me jette le trousseau de clefs de son GT Turbo à la figure: “Tu vas me chercher des pièces j’te prete le GT“… Suprême privilège réservé aux proches amis, Bobby me laisse conduire son auto. Il vient de troquer sa mythique 75V6 noire (un chasseur furtif dont je vous parlerais un jour!) contre un GT Turbo gris argent (couleurs “diac”) “un peu” spécial: 
 
 – Turbo IHI japonais et pression doublée, 
 
 – Échangeur air-air “majoré”, 
 
 – Train avant de Clio Williams et barre anti-roulis pour nous les hommes, 
 
 – Jantes Renault Sport passant à grand peine dans les ailes, surtout à l’avant: bestial ! 
 
 – Grâce à une entretoise vendue chez Renault, les étriers de freins sont repositionnés pour pincer des disques de Clio Williams, plus grands que ceux du GT. 
 
 Mais au final l’engin est absolument furtif, car pour le novice, il a l’air d’origine, les logos “GT Turbo” ayant été supprimés qui plus est.Bref une auto de gros bras, surtout que la direction n’est pas assistée… 
 
 
Je pars donc chercher des pièces… D’abord un détour par la fac de droit pour la flambe : les petites bourgeoises de la fac de droit, ma fac, adorent les loulous en voitures de loulou. À l’époque les types en Santiags, Ray Ban, jean et teeshirt ont la côte : Sebago et Façonnable ne font pas le poids, et la “GTi” sous toutes ses formes est reine du parking de la fac, bien plus que la Béhème Série 5 ou la Merco 190. 
 
 
Ensuite, puisque à Nice la fac de droit est perchée sur une colline (ce qui permet aux étudiants de contempler la mer depuis les salles de TD…), prenons un raccourci pour rentrer: Saint Pierre de Feric, l’aire Saint Michel, descente par Cimiez, le charme de l’arrière pays quasiment en pleine ville… Le charme de Nice. Souvenir incroyable que ce train avant indécrochable et cet arrière qui enroule en permanence en légère glisse… Motricité fabuleuse, du couple…Elle survole les bosses (merci Bilstein), les sensations, je les ai encore en mémoire. Je doute que les “GTi” d’aujourd’hui roulent aussi vite avec le même feeling sur ces petites routes… 
 
 
Me voilà revenu au garage (évidemment le témoin de réserve de l’essence s’allume, et j’ai mal aux bras: les Williams avec ce train avant ont une DA elles…), entre temps Bobby a eu le temps de régler le carburateur de ma Corsa. Une sortie au Turini est prévue le soir même. Passe un ami en Golf GTi mk1…à moteur G60. 
 
 
 
 
 
 
 L’info circule: ce soir ça se passe au Turini, il y a de la neige ! 
 
 Après toutes ces pérégrinations, il est déjà midi (moins le quart, l’heure du Ricard) : translation de la fine équipe du garage vers le PMU, pour boire l’apéro, à l’exception de Cricri l’apprenti: un jeune très attachant dont l’obsession est sa 205 GTI repeinte en vert fluorite comme la sublime série limitée Griffe. Il zappe l’apéro, car il est en train de greffer un 1.9 16 soupapes de 405mi16 dans la pauvre 205. 
 
 Se sont joint à nous: 
 
 
– Le barbu, avec son AX à moteur 1400, vaincu à la régulière par votre serviteur, il parle maintenant de monter un arbres à cames groupe A. 
 
– Le gros, avec sa Supercinq GTD turbo sans turbo mais avec sifflet qui fait le bruit du turbo. Il vient de supprimer l’ultime silencieux d’échappement: “rien que du tube” répète t il, “rien que du tube“. 
 
– OP, avec son GT Turbo phase 2 immaculé, turbo IHI 1 bar de pression, jantes 15 pouces speedline. 
 
– PH avec sa 205 gt 1.6 badgée 1.9: il parle à ce moment là de “monter” une 635 CSi…  
 
– DA avec sa corsa 1.2. Oui elle est d’origine, comment il fait pour suivre le rythme? Il est fou, tout simplement. Sa spécialité: les ronds points et le déracinage d’arbre. 
 
– OP 2 avec sa Clio groupe N vert anglais métal et son arceau cage dont on se demande comment il fait pour entrer dans l’auto tant il y a de tubes qui se croisent et s’entrecroisent…Moteur Renault sport: il prend 8200 tours! 
 
 
Fine équipe, et un bô cortège pour monter au Turini ce soir… Pour la petite histoire, DA, ami de presque 20 ans (comme Balladur et Chirac en somme) alimentait sa réputation de fou avec un style de conduite flamboyant quoique parfois désordonné : il appelait ça le style “toutàlaglisse“. Un jour, en vacances chez lui sur le golfe d’Ajaccio, il déracina un pin parasol en sortant un peu large d’un rond point, un peu large…hum, disons qu’il était en survirage depuis 50 bons mètres. Le rond point s’appelait “benista”: depuis dans notre langage courant est apparu un néologisme pour célébrer ce fait d’armes: “il arriva dans le rond point, et que se passa t-il?…. il benista” 
 
 
Une autre anecdote pour situer mieux le personnage. Étudiant à Nice, l’hiver il vivait l’été en corse, et je passais souvent le voir. Il habitait de l’autre coté du golfe, à Porticcio, moi je séjournais à Ajaccio. Un jour il passe me chercher chez ma petite amie de l’époque, sur les hauteurs d’Ajaccio, avec la Nissan Primera 16v de son père. J’embarque à la place du mort, il démarre et me dit: “tu vas voir elle survireuse“. Tous les ronds point de la rocade en glisse plus tard, je ne perds pas mon flegme, mais je le vois pomper frénétiquement sur la pédale de frein alors que nous arrivons à prés de 180 sur le rond point de l’aéroport, au bout de la 4 voies: il me lance “les freins sont pas terribles par contre” on passe en vrac…mais on passe. Quelques rupteurs minutes plus tard, il prend la voie de contournement de Porticcio, un tourniquet à flanc de falaise: tous les virages sont masqués. Il prend les trajectoires tout de même en pleine gauche…Je lui fait part de mon inquiétude, il répond “t’inquiètes, à cette heure ci ya personne qui vient en face sur cette route“. Désarmant. il avait ce style incroyable de conduite qui faisait que, au volant, même quand il avait le contrôle de la situation, on aurait dit à le voir qu’il ne contrôlait rien. 
 
 
Notre plus beau fait d’armes (j’étais au volant) est d’avoir ensablé sa Méhari sur une plage en bas d’une rue en descente, faute d’avoir pu freiner à temps: je me revois faire des signes aux touristes atterrés pour les inciter à s’écarter et lui hilare crier “giclez de là on n’a pas de frein“. La veille avec la même méhari, à 6 dedans en allant à la plage, nous avions perdu un matelas pneumatique à 80km/h sur la rocade, le dit matelas avait atterri sur le pare brise du touriste qui nous suivait, manquant de provoquer une catastrophe. 
 
 
 
 
 
 Mais revenons à notre expédition nocturne : 
 
 
 Pas de portable à l’époque, donc après de diner, rendez vous chez Jean-Louis, motard de son état et tenancier pas commode du Big Ben, pub anglais très select du centre-ville, dont l’accès est très réglementé (le pub, pas le centre ville). Un vrai pub anglais, avec zinc, piano, boxes et canapés, émaux d’époque et bière glacée, plutôt whiskies pour nous d’ailleurs. Il existe toujours tel quel, accessoirement en face de mon bureau actuel. Les autos alignées en double file devant la bar, nous entrons tous et réquisitionnons un box. 
 
 
Nous arrêtons le “rouade – bouc”: nice-l’escarene-luceram, là débat philosophique pour savoir si nous prenons la route de gauche (col Saint Roch) ou la route de droite (col de l’Orme) pour accéder au Turini par le hameau de Peira Cava. J’argue que la route de gauche est trop enneigée, le barbu lance : “tu as raison prenons la route la plus enneigée“…nous le ramenons à la raison: ce sera la route de droite. Pas envie de resté tanké deux heures dans la neige comme cela m’est arrivé quelques jours avant, le soir du 1er janvier. Particularité du col de l’orme? 15 km, une bonne cinquantaine de lacets. 
 
 
Une seule tournée et on sort du bar: ça sent l’essence sous et surtout dans l’ax “kit car” : le barbu avoue qu’il n’a pas remonté le joint de la jauge à essence du réservoir, sous la banquette, ne lui trouvant pas d’utilité (véridique). Il en rajoute, sans rire: “de toute façon j’aime cette odeur“. Inimitable branquignol. Démarrage dans l’étroite rue Alberti, et instantanément bordel absolu : des décibels de la gomme on prend la direction du tunnel du Paillon, sous le centre ville, nouvellement ouvert : à l’époque on pouvait encore y doubler et se fritter sans crainte des radars, nous ne nous en privons pas. Les murs résonnent, 7 “voitures” ça fait du boucan! La sortie du tunnel ressemble à un tremplin, en courbe, pas taper, des plus malins y sont déjà partis en tonneaux en voulant jouer les “Général Lee Niçois”… 
 
 
Bon pour l’instant on roule tranquille, on s’observe…on roule à trois de front sur la pénétrante 2×2 voies séparées par un mur, comme une escadrille de chasseurs bombardiers (ou de couillons, au choix!), identifiés par le code couleur de nos veilleuses/éclairages de plaque immat arrière aux ampoules peintes : Les miennes sont bleues , le GT Turbo en a des rouges, ainsi de suite…jusqu’au barbu qui dans un éclair de génie inutile… les a peintes… en blanc! Quel crétin ! 
 
 Indices de la scène de crime : un moteur de kadett 1300, beaucoup de compression, et cette phrase anodine: 
 
– “Frankie, pourquoi t’as pas remonté la tôle qui protège la courroie de distri?” 
 
– “Passque c’est plus bô comme ça Bobby” 
 
– “Ahhh, boffff, et si tu prends une pierre ?” 
 
– “Mais ouais, la pierre elle va aller juste là, dans l’interstice ou y faut pas, mais bien sûr…!” 
 


Bon, nous voilà à la sortie de la pointe de Contes. Là en prenant à droite la route de l’Escarene on embouque la route du col de Nice : longs enchainements de courbes bordés de platanes centenaires, qui ont mis fin à la vie de pas mal de GTi du coin… Ah s’ils pouvaient parler, ils vous raconteraient la R8 Gordini, la Capri RS… J’en passe et des meilleures! 
 
 
Gaz ! les moins puissants partent les premiers mais sont vite rattrapés par le peloton, ça commence à défiler dans la lueur des ampoules de 100watts, petit ralentissement au passage de Blausasc, bien connu pour ses poulets noctambules, puis la montée du col, qui se termine par 4 lacets. Évidemment le gros, dans sa 5 GTD me bouchonne, on arrive à deux de front dans le lacet, et dieu bénisse le sous virage, il tire trop large, je lui fait l’intérieur en levant gracieusement la roue arrière intérieure. Je tire la 1ere comme un furieux, fumant au passage les pneus, cette auto avait une motricité nullissime (en termes de longueur, en 1ere, le burn-out durait du mac donald promenade des anglais jusqu’au poste de police municipale de la rue Gabriel Fauré: 100 bons mètres, sous vos applaudissements). Passage de l’Escarene puis route de Luceram: la boite 4 de ma Corsa est ultra courte (elle vient d’une corsa 1000cm3) et cela m’avantage , au point que je suis dans la roue d’OP, avec son GT turbo. Évidemment il n’y a plus de rupteur sur mon delco (on me l’aurait volé?) et j’abuse, j’abuse… 7.200, sans doute plus, pour tenir le rythme de la Renault, bien plus puissante… 
 
 
D’autant que derrière, ça chahute copieux: le barbu et son AX “groupe âne” , comme nous l’avions privativement surnommé, zigzague pour prendre l’aspi , “à la ayrton senna“, mais en plus flamboyant. Encore une trêve au passage de Luceram, et, tiens, quand je ré accélère, une drôle de vibration métallique!? À l’avant droite du moteur?! Ça peut pas être le cache de la courroie, yen a pas ! Surement rien, comment MA voiture pourrait elle tomber en panne?! Allez on fonce: route de droite (la seule déneigée) pour aller sur le turini par le col de l’Orme: le fameux panneau “16 lacets” (et ses successeurs: 10 lacets…etc…). Frein à main sur frein à main, freinage violent sur freinage violent, le tarmac porte les traces dans tous les virages de l’utilisation faite par les indigènes de cette route: gomme brulée ! 
 
 
Le hic, c’est que le goudron est abrasif, et que vers la fin on a plus trop de …frein! Le gros en 5 GTD est lâché, le barbu lâché aussi, Ph ménage sans doute sa 205 gti car je l’ai aussi lâché : humm, il prétend qu’elle n’a que 60.000km….ouarf je pouffe et me concentre , car les derniers lacets sont “chauds”, surtout un ou, pendant un rallye historique, le conducteur d’une Ferrari 308 ex Andruet avait fait le plongeon et planté la belle badgée “Pioneer” dans les sapins en contrebas… Ca ne loupe pas, les pneus surchauffés et les freins en ébullition: je freine :pédale à la planche!…et…boum ! je tire tout droit et tape (un peu!) la glissière. À la lueur des retours de flammes du devil le GT Turbo m’a lâché, mais je repars en grillant la politesse à DA dont on se demande comment le 1200 cm3 de sa Corsa a pu l’amener jusque là ! D’autant que l’auto en question est tordue: accidentée par le proprio précédent, réparée à l’heure de la sieste sur un marbre ajaccien…bref elle roule en crabe. 
 
 
Et soudain, au plateau ou les deux routes venant de luceram se rejoignent, 6 km avant le col du turini, la neige! Abondante et bien tassée: les 1ers arrivés se sont garés au carrefour, face au grand pré enneigé ou l’été on stocke les troncs d’arbres coupés. Lancé à fond de 3, désireux comme toujours de faire le spectacle et n’écoutant que mon bon cœur, je lance l’Opel en glisse d’un furieux coup de câble…Elle part, mais pas assez, alors j’insiste: sublime! La neige gicle de partout, je mouline comme un malade sur le “Momo Corse” pour entretenir la glisse…Je mouline… Je mouline …Et…N’aurais je pas fait les choses TROP en grand? Tiens mais pourquoi le paysage défile EN MARCHE ARRIERE? Un quart d’heure après nous sommes 6 couillons à essayer de sortir l’Opel tankée dans les 20cm de neige du champ sus cité. J’en ai jusqu’aux portières. 
 
 
Mais ou est donc le 7eme larron ? Le gros, parce qu’il s’agissait encore de lui, arrive finalement après l’effort. Il a perdu l’embout à double sortie maison de son échappement (celui là même auquel un sifflet était intégré pour simuler le bruit de turbo). Il faut dire que sa manie de tout coller au Synthofer au lieu de souder lui causa mouts désagréments dans sa vie… Ses recherches pour  retrouver l’embout en question sur la route se sont avérées vaines, d’autant qu’entre temps la “rampe” de phares vissée sur le capot avait déclaré forfait, câbles fondus. Et oui, sans relais un câblage artisanal ne suffit pas… Bref il se fait injurier copieux mais propose une compensation à son retard. Il déballe un flasque en inox d’un demi litre (format familial donc, comme lui!) et propose une tournée de “framboise”. La framboise en question, produite clandestinement par un bouilleur de cru de sa famille, était un délice il faut bien l’avouer. 
 
 
On voudrait bien repartir, mais il faut aider le gros à désembuer son pare brise, car il n’a plus d’antibuée: le bloc commandes chauffages de la Supercinq ayant été remplacé par le traditionnel equalizer à diodes multicolores. Comment marche le chauffage ? En tirant sur des câbles cachés derrière la console centrale. Selon lui une solution très esthétique pour se passer des boutons de l’aération qu’il trouve disgracieux. Ca marche ? Non bien sûr ! Rien de ce qu’il bricole ne marche, c’est d’ailleurs tout ce qui fait son charme. 
 
 
Bon, il faut repartir vers le hameau de Peira Cava puis le col du Turini : la pédale de freins de la corsa est toujours molle…Il faut dire que les disques ventilés perforés de Kadett GSI 16V et les étriers d’Astra GSi prélevés à la casse dont j’ai équipé ma pauvre corsa dégagent beaucoup de calories…que le reste du circuit évacue assez mal… Les 6km qui nous séparent du col se font à allure modérée, puis ce sont les enfilades de S avant le Turini: des lueurs dansent dans la foret de sapins enneigée. Zut, il y a déjà des jeunes qui s’amusent : Escort MK2, Golf GTi mk1, Sierra gt “twin cam”…toutes en pneus cloutés, comme le veut la tradition, les jeunes des villages environnants ne regardent pas la tv devant la cheminée les soirs d’hiver! 
 
 
Quelques allers et retours sur ce circuit improvisé entre les murs de neige : je suis en forme! Le gros embarque dans la Corsa et on fonce pour une énième montée vers le col (le “plateau”). Apothéose, l’ultime courbe serrée avant le dit plateau permet aux plus audacieux de passer “toutàlaglisse” selon l’expression consacrée… 3eme , double débrayage, deuxième, coup de volant + coup de câble, l’auto se cale en glisse… Pas trop contrebraquer pour pas “tuer” la glisse, re coup de câble au milieu du virage pour accentuer l’angle, la neige tourbillonne… La route défile par la portière droite, la glissière est face à moi dans le pare brise, on a enroulé les 2/3 du virage…bon là faudrait accélérer sinon on va partir en… Tête à queue! Le coup d’accélérateur salutaire ne me donna qu’un retour de flamme et un hoquet ! Contre braquage en butée…Boum on tape! Nous voilà coincés dans le mur de neige! Et oui, quand j’ai installé sur mon 1.300 le gros carburateur double corps “varajet II” trouvé sur une Kadett 1.6 à la casse, j’ai omis de rebrancher la recirculation d’eau dans la pipe d’admission pour réchauffer le carbu… “On est pas en Laponie” avais-je alors pensé! On est con quand on a 20 ans ! 
 
 
On se dégage, on s’arrête au plateau, puis on monte à 4 dans l’ax du barbu pour faire une descente de plus. Là ça se gâte, il nous dit : 
 
 – “Hé les gars vous allez voir j’ai supprimé le limiteur de freins pour mieux enrouler en glisse” 
 
 – “Quoi?” 
 
 – “Oui j’ai mis un max de frein sur l’arrière” 
 
 Aaarggghhh ! cette pince va nous tuer! 
 
 
Assis à la place du mort je m’arque boute sur un frein imaginaire tandis qu’il se met, dans son style saccadé, à donner de furieux coups de volants pour tenter de nous mettre en travers. À la façon dont il se sert du volant, on dirait un épileptique! Aux places arrières, on sent une angoisse sourde. L’animal prend de la vitesse, les sapins défilent, trop vite! Là il se tourne vers moi en souriant (signe annonciateur de connerie avec lui…) et me dit : “j’ai vu une cassette sur Markku Allen, le roi du pied gauche: tu vas voir je vais te montrer comment il faisait!”. C’etait un virage à gauche en légère montée, avec un beau mur de neige. Il a donné un énorme coup de volant, freiné du pied gauche, et on est partis tout droit dans le mur. Après la déflagration, sonné, mes premiers mots furent : 
 
 
Abruti, quand on freine pied gauche faut AUSSI ACCELERER DU PIED DROIT !” 
 
 
 
 
 Fin de la fête, le radiateur est explosé. La fumée se dissipe. l’AX est OUT 
 
 
Résumé de la situation. Une AX au radiateur explosé, et nous tous réunis au col du Turini. il est minuit (l’heure du crime, on a tué la pauvre Citroën), la neige est abondante et il faut faire 47 km pour rentrer à Nice. il était prévu au départ de passer par la célèbre descente de la Bollène, mais vu la situation, ce sera trop long (67km). Comme tous les gens organisés (ou certains de tomber en panne un jour ou l’autre), nous avons une corde ad hoc pour le remorquage. Remorquage qui ne commencera que 20 km plus bas puisque jusqu’à Luceram ça descend. On attache, on se salue et le Barbu, ruminant ses techniques de pied gauche, s’en va , il sera remorqué par DA et sa corsa 1200. Quant à moi je viens de finir de tirer l’aile avant gauche enfoncée lors de ma touchette, afin que le pneu n’en touche pas le rebord dans les virages…En effet mon opel est très basse puisque (vous l’ai je déjà dit?) les ressorts courts amputés d’une spire + chauffés pour les rétracter et retrempés, ça pose l’auto par terre. Revers de la médaille il faut “étirer ” les ailes: chacun sa méthode : à l’avant sur ces vieilles Opel, suffisait d’un mastard bien décidé qui tire avec ses deux bras. à l’arrière un cric hydraulique coincé entre deux larges cales en bois dans le passage de roue fit l’affaire pour gagner les 2cm (à l’époque je roulais en 185-55-14) 
 
 
Allez on repart : je suis OP et sa belle clio 16V groupe N vert bouteille métal, et j’en prend plein la caboche : la ligne d’échappement est plus que libérée, avec quelques retours de flammes occasionnels. Ensuite vient le Gros avec sa super 5 sans phares. 40 km plus bas, on approche des faubourgs lorsque le Gros s’arrête sur le bas coté, faute d’alternateur. Il est prés d’une heure du matin, et demain il y a TD…hum hum… On décide de laisser la Renault garée ou elle est et il embarque avec moi. C’est à peu prés au moment ou il m’explique que ce qui lui faut c’est une allemande, plus fiable, qu’un infime “clic” met fin au ronronnement monotone du 1300 opel. On a compris tout de suite, la courroie de distribution est derrière nous, sur la route, elle a claqué comme un fouet. Nous voilà donc à Drap, 5km de Nice par la vallée du Paillon et la bande de Gaza (le sémillant quartier de l’Ariane). OP a dans sa clio un câble électrique de forte section, il va nous remorquer….jusqu’à l’EDF, 2km de mon garage, lorsque le câble casse. Là c’est trop! On gare l’Opel et on décide de finir le trajet en Clio. 
 
 
En Clio? Oui mais comment? L’arceau cage multipoints limite à 1 passager. 
 
 
On se chamaille puis finalement les lois de la physique prennent le dessus: le Gros fait 105 kilos pour 1m85, quant à votre serviteur, 85 kilos (à vide) pour 182cm: me voilà assis sur la roue de secours, dans le coffre, coincé dans le “X” des barres du arceau. 
 
 
 
 

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MessagePosté le: Mar 15 Sep - 17:09 (2015)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 15 Sep - 19:36 (2015)    Sujet du message: NUITS TORRIDES À TURINI Répondre en citant

Je me répète, excellente histoire, j'ai étais obligé de rire tellement ça me rappelais mes jeunes années de permis, la bonne époque.
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MessagePosté le: Mar 15 Sep - 20:19 (2015)    Sujet du message: NUITS TORRIDES À TURINI Répondre en citant

Grave ,vraiment bien ont ci crois moi aussi elle ma bien fait rire et ma rappelé les soirée a turini avec les copains !!
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MessagePosté le: Mer 16 Sep - 20:01 (2015)    Sujet du message: NUITS TORRIDES À TURINI Répondre en citant

Génial ce genre de récit !
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